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Test-Bateau.fr
Pièce 05MÉTHODOLOGIE

Immatriculer son bateau de plaisance : checklist et marquage

Deux régimes, deux seuils : 2,50 m en mer, 5 m ou 4,5 kW en eaux intérieures. La liste à réunir avant le dossier, et les dimensions exactes du marquage.

ÉQUIPE ÉDITORIALE TEST-BATEAU.FRLecture 20 min

Deux régimes, et c'est ta zone de navigation qui tranche

Avant de chercher un formulaire, réponds à une seule question : où va naviguer ce bateau. Le droit français ne connaît pas une immatriculation de plaisance, il en connaît deux. Elles ne relèvent ni du même service, ni du même texte, ni du même seuil, et se tromper de porte fait perdre un dossier entier.

En mer, la démarche s'appelle l'enregistrement, et un certificat unique a remplacé les deux anciens papiers. La DDTM du Finistère le résume en une ligne : « Depuis janvier 2022, la procédure de francisation et d'immatriculation ont fusionné en une seule procédure d'enregistrement. » Le portail du ministère chargé de la mer pose ensuite son seuil en une phrase : « Tous les navires dès 2,5 m sont soumis à la procédure d'enregistrement. » En dessous de 2,50 mètres, il n'y a donc pas d'obligation d'enregistrement.

Attention en revanche à ne pas en conclure que tout ce qui mesure moins de 2,50 mètres serait un « engin de plage ». La division 240 ne définit pas ce mot par une longueur, mais par une énumération, et il faut la lire en entier. Son article 240-1.02 pose « Embarcation ou engin appartenant à l'une des catégories suivantes », puis en compte cinq, et non quatre. Les embarcations ou engins « propulsés à la voile de moins de 2,50 m de longueur de coque ». Ceux, « à l'exception des planches nautiques à moteur, propulsés par un moteur à propulsion thermique ou électrique d'une puissance inférieure ou égale à 4,5 kW (6,1 ch), de moins de 2,50 m ». Ceux « propulsés exclusivement par l'énergie humaine, de moins de 3,50 m de longueur de coque ». Ceux, et c'est la catégorie que tout le monde saute, « propulsés exclusivement par l'énergie humaine qui ne satisfont pas aux conditions d'étanchéité, de stabilité et de flottabilité de l'article 245-4.03, de longueur de coque supérieure ou égale à 3,50 m ». Et les surfs.

Deux pièges se referment sur qui lit trop vite. Côté moteur, la longueur ne suffit pas : il y a aussi une condition de puissance. Côté pagaie, la quatrième catégorie retire tout plafond de longueur : un kayak gonflable de 4 mètres qui ne satisfait pas aux conditions de l'article 245-4.03 reste un engin de plage. Il n'existe donc pas de « seuil de 3,50 mètres » au-delà duquel on sortirait de la catégorie, et l'adverbe compte autant que les chiffres : le texte écrit « exclusivement », jamais « principalement ». Un kayak doté d'une assistance électrique ne relève d'aucune de ces deux catégories, et c'est du côté moteur qu'il faut alors le lire, avec ses propres seuils.

Une annexe de 2,20 mètres poussée par un hors-bord de 6 kW n'a rien à enregistrer, mais ce n'est pas pour autant un engin de plage. La qualification ne change rien à ton dossier d'immatriculation, qui n'existe pas dans ce cas : elle change les règles d'utilisation de ces engins, qui sont un autre sujet.

En eaux intérieures, c'est le code des transports qui commande, et son article D4111-10 pose deux conditions alternatives, pas cumulatives : « Les bateaux de plaisance non immatriculés, d'une puissance propulsive égale ou supérieure à 4,5 kW ou d'une longueur supérieure à 5 mètres, naviguant ou stationnant sur les eaux intérieures et appartenant pour au moins la moitié à des personnes physiques ayant leur résidence habituelle en France ou à des personnes morales ayant leur siège en France doivent faire l'objet d'un enregistrement. » Un petit bateau de 4 mètres avec un moteur de 5 kW y passe donc, alors qu'il serait sous le seuil de longueur.

Et si tu fais les deux ? Le portail tranche sans détour : « Pour une navigation à la fois en mer et en eaux intérieures, le navire doit être enregistré en mer. » Tu n'as donc pas deux dossiers à monter, tu en as un, et c'est le maritime.

Une condition s'ajoute côté mer, et elle n'a rien à voir avec la taille : « Pour battre pavillon français, un navire doit appartenir, pour au moins 50 %, à un ressortissant de l'un des états de l'Union européenne. » C'est une condition de propriété, à vérifier avant l'achat en indivision, pas après.

Dernier cas, celui qu'on oublie toujours : la pagaie. Deux conditions s'y superposent, une de longueur et une de distance, et lire la seconde sans la première fait envoyer au guichet des gens qui n'ont rien à y faire.

La longueur d'abord. La DDTM du Var, celle-là même qui pose le seuil de 2,50 mètres pour le moteur et la voile, en publie un second, propre à la pagaie : « L'enregistrement (immatriculation) est obligatoire à partir de 3,50 mètres de longueur de coque pour toute embarcation ou engin propulsé par l'énergie humaine (kayak par exemple). » Sous 3,50 mètres de coque, l'obligation n'est donc pas ouverte, quelle que soit la distance à l'abri.

La distance ensuite, pour ce qui dépasse ce seuil. L'arrêté du 8 avril 2009 est explicite, « toute embarcation propulsée par l'énergie humaine qui effectue des navigations à moins de 2 milles d'un abri est dispensée de l'obligation d'immatriculation ». Il ajoute aussitôt que « lorsque le propriétaire le souhaite, il reste possible de l'immatriculer ». Un kayak de mer de 4,50 mètres qui sort au-delà de 2 milles réunit donc les deux conditions, et lui n'est pas dispensé.

Ta zone de navigationLe seuil qui déclenche l'obligationLe texte ou la sourceOù se fait la démarche
En mer, motorisé ou propulsé à la voile2,50 m de longueur de coquePortail demarches-plaisance.gouv.fr, ministère chargé de la merEn ligne via FranceConnect, ou au guichet de la DML
En eaux intérieuresPlus de 5 m de longueur, OU 4,5 kW ou plus de puissance propulsiveCode des transports, article D4111-10Service d'enregistrement des titres de navigation en eaux intérieures, formulaire CERFA 14682*01
Les deuxLe régime maritime absorbe l'autrePortail demarches-plaisance.gouv.frEnregistrement en mer, un seul dossier
Embarcation à énergie humaine de moins de 3,50 mSous le seuil d'obligation, quelle que soit la distance à l'abriDDTM du Var, page d'enregistrement des navires de plaisanceSans objet, sauf démarche volontaire
Embarcation à énergie humaine de 3,50 m ou plus, à moins de 2 milles d'un abriDispensée, immatriculation possible sur demande du propriétaireArrêté du 8 avril 2009, article 2Sans objet, sauf démarche volontaire
Embarcation à énergie humaine de 3,50 m ou plus, au-delà de 2 milles d'un abriLes deux conditions sont réunies : enregistrement dûDDTM du Var pour la longueur, arrêté du 8 avril 2009, article 2, pour la distanceEn ligne via FranceConnect, ou au guichet de la DML
Sources rouvertes le 24 septembre 2026. Les deux régimes coexistent : le maritime relève du ministère chargé de la mer, le fluvial du code des transports.

La checklist à réunir avant d'ouvrir le dossier

Huit lignes. Réunies avant de te connecter, elles évitent le dossier ouvert puis abandonné parce qu'il manque une plaque photographiée ou une date de construction. Coche-les sur ton pont, pas devant l'écran.

  1. 01La zone de navigation visée, et elle seule décide du régime. Mer, eaux intérieures, ou les deux, auquel cas c'est le maritime qui s'applique.
  2. 02Le numéro d'identification de la coque, relevé tel quel, caractère par caractère. Il est marqué sur le bateau et ne se déduit d'aucun papier : c'est lui qui identifie la coque, pas le nom que tu lui donnes.
  3. 03La plaque du constructeur, photographiée nette. Elle porte le nom du fabricant, le marquage « CE », la catégorie de conception, la charge maximale recommandée et le nombre de personnes recommandé : ce sont les caractéristiques que le dossier te redemandera.
  4. 04La date de construction, parce qu'elle change la pile de pièces. La DDTM du Var publie trois fiches de procédure distinctes pour un premier enregistrement : « navire construit APRÈS 1998 », « navire construit AVANT 1998 » et « navire de construction AMATEUR ».
  5. 05Ton titre de propriété : facture du vendeur professionnel, ou acte de vente si tu achètes d'occasion à un particulier. Les services de l'État en publient des modèles types, y compris en copropriété.
  6. 06L'identité et la nationalité de tous les propriétaires. La condition de pavillon porte sur 50 % au moins du navire : en indivision, elle se vérifie sur l'ensemble des parts, pas sur celle de celui qui remplit le formulaire.
  7. 07Le port d'immatriculation que tu choisis. Ce n'est pas une formalité : ses deux lettres deviendront la première moitié de ce que tu peindras sur la coque.
  8. 08FranceConnect, ou les coordonnées de ta délégation à la mer et au littoral. Le portail le dit : « Le public accède à un espace utilisateur via France Connect. Toutefois, les formalités peuvent encore s'effectuer au guichet dans les directions départementales des territoires et de la mer. » Le guichet n'a pas disparu.

Le numéro de coque n'est pas ton numéro d'immatriculation

C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte des allers-retours avec le service instructeur. Ton bateau porte deux identités, écrites par deux personnes différentes, à deux moments différents.

Le numéro d'identification de la coque est écrit par le constructeur, à la fabrication, et il ne change jamais, même quand le bateau est revendu dix fois. L'annexe I du décret du 9 juin 2016 en fixe la composition : « Tout bateau est marqué d'un numéro d'identification qui comporte les indications suivantes : 1. Le code du pays du fabricant ; 2. Le code individuel du fabricant attribué par l'autorité nationale compétente ; 3. Le numéro de série individuel ; 4. Le mois et l'année de fabrication ; 5. L'année modèle. » Cinq blocs, et aucune place pour toi : c'est la carte d'identité de la coque, pas la tienne.

À côté, et le texte insiste sur la séparation, il y a la plaque du constructeur : « Tout bateau porte une plaque fixée à demeure et séparée du numéro d'identification du bateau », portant au moins le nom du fabricant, le marquage « CE », la catégorie de conception, la charge maximale recommandée et le nombre de personnes recommandé.

Le numéro d'immatriculation, lui, est attribué par l'administration, à toi, à l'issue de ta démarche. C'est celui-là que tu vas peindre. L'arrêté du 21 octobre 2016 en donne la forme exacte : « Tout navire ou bâtiment de mer ayant l'obligation de disposer de marques extérieures d'identité doit rendre visible, dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur, les deux lettres identifiant son port d'immatriculation définies à l'article 1er suivies du numéro d'immatriculation qui leur aura été attribué par l'autorité compétente. »

Les deux lettres ne s'inventent pas : le même arrêté en fixe la liste, port par port. MA pour Marseille, BR pour Brest, TL pour Toulon, LR pour La Rochelle, SM pour Saint-Malo, NI pour Nice, LH pour Le Havre, FF pour Fort-de-France. C'est cette paire de lettres que tu lis sur toutes les coques d'un port, et c'est pour ça que deux bateaux voisins n'ont pas le même préfixe s'ils ne sont pas immatriculés au même endroit.

Numéro d'identification de la coqueNuméro d'immatriculation
Qui l'écritLe constructeur, à la fabricationL'administration, à l'issue de ta démarche
Ce qu'il contientCode pays, code fabricant, numéro de série, mois et année de fabrication, année modèleDeux lettres du port d'immatriculation, puis le numéro attribué
Change-t-il ?Jamais, même à la reventeIl te suit tant que le navire reste immatriculé là
Où il figureMarqué sur le bateau, à relever tel quelSur le certificat, puis peint sur la coque
Son rôle pour toiUne pièce d'identité à fournir au dossierCe que tu fais poser, aux dimensions réglementaires
Décret n° 2016-763 du 9 juin 2016, annexe I, points 2.1 et 2.2 ; arrêté du 21 octobre 2016, articles 1er et 2. Textes rouverts le 24 septembre 2026.

Le gabarit de marquage, à emporter chez le poseur

C'est la partie que presque personne ne vérifie avant de commander ses adhésifs, et c'est la seule qui se contrôle à l'œil depuis un semi-rigide de la gendarmerie maritime. Les dimensions ne sont pas indicatives : elles sont minimales, et elles dépendent de la longueur de ta coque. Un mot sur les bornes, avant le tableau : au mètre pile, le texte se recouvre. Il écrit « 2,50 à 7 mètres inclus » puis « 7 à 12 mètres inclus », et ne tranche donc pas pour une coque de 7,00 mètres exactement. Comme ces dimensions sont des minimums, retenir celles de la tranche supérieure satisfait les deux lectures.

La règle de couleur d'abord, article 3 de l'arrêté du 8 avril 2009 : « Les marques d'identification internes ou externes sont en chiffres arabes et en caractères latins de couleur claire sur fond foncé ou de couleur foncée sur fond clair. » Pas de gris sur gris, pas de fantaisie de police sur les marques externes d'un navire à moteur, qui doivent être « en lettres capitales, visible[s] sur les deux côtés de la coque ou des deux côtés d'une partie verticale de la superstructure ».

Deux règles se perdent systématiquement dans les forums. La première : jusqu'à 7 mètres, un voilier n'est pas astreint au port de marques d'identification externes. Au-delà, il ne porte pas son numéro mais « son nom et le nom ou les initiales du service d'immatriculation visibles à la poupe », et là, « le type des caractères est libre ». La seconde : tout voilier et tout navire à moteur porte aussi une marque interne, « visible à l'intérieur, dans le cockpit ou depuis le poste de pilotage principal », d'un centimètre de haut au minimum.

Enfin, ton annexe, et c'est là que presque toutes les pages s'arrêtent trop tôt. Elle n'a pas de numéro propre, mais elle porte deux marques, pas une. À l'intérieur, article 4.2 : elle « porte le numéro d'immatriculation de son navire porteur, précédé des trois lettres AXE, visible à l'intérieur dans le cockpit ou depuis l'emplacement du chef de bord », sur un centimètre de haut. À l'extérieur, et c'est l'article 10 du même arrêté : « Toute annexe porte, comme marques d'identification externes, les mêmes marques externes que son navire porteur précédé des trois lettres AXE. » Là, le gabarit change d'échelle : « la hauteur est de 4 centimètres et la largeur réservée à chaque caractère est de 1,5 centimètre », pour une « épaisseur de trait des caractères [...] de 0,5 centimètre ». Commander un lettrage d'un centimètre pour son annexe en croyant avoir fait le tour, c'est repartir non conforme à l'extérieur.

En eaux intérieures, le gabarit est tout autre, et bien plus gros : l'arrêté du 15 octobre 2009 impose que « le numéro d'inscription ou d'immatriculation suivi de la lettre F [soit] porté des deux côtés du bâtiment » et que « la devise du bateau [soit] portée à l'arrière ».

Ton bateauCe qu'il porte, et oùHauteur miniLargeur mini par caractèreÉpaisseur de trait mini
Navire à moteur, de 2,50 m à 7 m inclusLe numéro d'immatriculation, sur les deux côtés4 cm1,5 cm0,5 cm
Navire à moteur, de 7 m à 12 m inclusLe numéro d'immatriculation, sur les deux côtés7 cm3 cm0,8 cm
Navire à moteur, plus de 12 mLe numéro d'immatriculation, sur les deux côtés12 cm5 cm1,5 cm
Voilier jusqu'à 7 mRien à l'extérieur, il en est dispensésans objetsans objetsans objet
Voilier de 7 m à 12 m inclusLe nom du navire et les initiales du service, à la poupe4 cm1,5 cm0,5 cm
Voilier de plus de 12 mLe nom du navire et les initiales du service, à la poupe7 cm3 cm0,8 cm
Tout voilier ou navire à moteur, marque INTERNELe numéro d'immatriculation, dans le cockpit ou au poste de pilotage1 cmnon fixée0,1 cm
Annexe, marque INTERNE (article 4.2)AXE + le numéro du navire porteur, dans le cockpit ou depuis l'emplacement du chef de bord1 cmnon fixée0,1 cm
Annexe, marques EXTERNES (article 10)AXE + les mêmes marques externes que le navire porteur, à l'extérieur4 cm1,5 cm0,5 cm
Eaux intérieures, bateau de 15 m ou moinsLe numéro suivi de la lettre F des deux côtés, la devise à l'arrière10 cm5 cm1 cm
Eaux intérieures, bateau de plus de 15 mLe numéro suivi de la lettre F des deux côtés, la devise à l'arrière18 cm10 cm2,5 cm
Dimensions MINIMALES. Arrêté du 8 avril 2009, articles 3 à 6 et 10, pour la mer ; arrêté du 15 octobre 2009, article 21, pour les eaux intérieures. Relevé le 24 septembre 2026.

Ce que ça coûte : l'acte d'abord, la taxe annuelle ensuite

Il faut séparer deux choses que presque toutes les pages mélangent : la démarche, qui est un acte administratif, et la taxe, qui est annuelle et qui n'a rien à voir avec elle.

Sur la démarche, la DDTM du Finistère écrit : « Vous pouvez effectuer la plupart de vos démarches en ligne, gratuitement et de manière sécurisée via France Connect, sur le site www.demarches-plaisance.gouv.fr. » Nous ne publierons pas de montant pour l'acte d'enregistrement lui-même : aucun texte ouvert ce jour n'en fixe un, et un tarif qu'on ne peut pas sourcer ne se devine pas.

La vraie dépense récurrente, elle, est fiscale, et elle a changé de nom en 2022 : c'est la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel, qui a remplacé l'ancien droit annuel de francisation et de navigation. Attention à un point d'orientation : le portail officiel affiche encore « DAFN » sur ses boutons de paiement alors que le code, lui, ne connaît plus que la taxe annuelle. Même chose, deux noms.

Elle ne frappe pas tous les bateaux, loin de là. Le code des impositions sur les biens et services définit le navire taxable comme « tout engin flottant [...] dont la puissance administrative [...] est supérieure ou égale à 22 chevaux administratifs » ou « tout autre engin flottant dont la longueur de coque est supérieure ou égale à 7 mètres, sauf à ce qu'il s'agisse d'un engin non ponté principalement propulsé à l'aviron et dont le gréement et la mâture peuvent être montés et démontés par l'équipage sans aide extérieure ». Cette exception est la seule que le texte pose sur la longueur, et elle compte : une yole d'aviron de 7,50 mètres y échappe, alors que le seul critère de longueur l'aurait taxée. Les véhicules nautiques à moteur ont leur propre seuil : une puissance « supérieure ou égale à 90 kilowatts ». Le portail traduit la même chose en langage de plaisancier : sont taxés « les navires à usage personnel de 7 mètres et plus », ceux qui atteignent ou dépassent 22 chevaux administratifs « même pour les navires dont la longueur est inférieure à 7 mètres », et les VNM de 90 kW et plus. À 22 chevaux pile, on est donc dedans, pas dehors : le texte écrit « supérieure ou égale ».

Et il existe un plancher que personne ne mentionne : « La taxe n'est pas acquittée lorsque, pour un engin flottant, son montant est inférieur à 76 €. » Un bateau tout juste taxable, ancien, peut donc sortir du calcul sans que tu aies quoi que ce soit à payer.

Nous ne recopions aucun barème. Les tarifs se combinent par tranche de longueur et par cheval administratif, et l'État publie lui-même un simulateur pour ça : simulateur-taxe-plaisance.mer.gouv.fr. Un chiffre sorti d'une page web se périme ; le simulateur officiel, non.

2,50 m

LE SEUIL EN MER

« Tous les navires dès 2,5 m sont soumis à la procédure d'enregistrement »

5 m ou 4,5 kW

LE SEUIL EN EAUX INTÉRIEURES

Conditions alternatives, article D4111-10 du code des transports

7 m ou 22 CV

LE SEUIL DE LA TAXE ANNUELLE

90 kW pour un véhicule nautique à moteur

76 €

SOUS CE MONTANT, RIEN N'EST DÛ

La taxe n'est pas acquittée en dessous de ce seuil

Relevé le 24 septembre 2026 sur le portail demarches-plaisance.gouv.fr et sur le code des impositions sur les biens et services, articles L423-5 à L423-34.
Faut-il le permis plaisance pour immatriculer un bateau ?
Non, ce sont deux démarches sans rapport. L'immatriculation porte sur le navire, le permis sur la personne qui le conduit. Tu peux parfaitement enregistrer à ton nom un bateau que tu ne pilotes pas, et inversement un titre de conduite n'enregistre aucun navire. Le seuil qui déclenche l'obligation de titre est d'ailleurs différent : il est fixé en puissance motrice, pas en longueur de coque. Le décret du 2 août 2007 le pose à son article 2 : « La conduite des bateaux de plaisance à moteur répondant à la définition figurant à l'article 1er est subordonnée, lorsque la puissance motrice est supérieure à 4,5 kilowatts, à la possession du permis de conduire des bateaux de plaisance. » Les deux sens existent donc pour de bon. Un bateau peut être à enregistrer sans qu'aucun titre soit exigé, et à l'inverse l'annexe de 2,20 mètres poussée par un hors-bord de 6 kW citée plus haut n'a rien à enregistrer, puisqu'elle reste sous 2,50 mètres, mais ne se conduit qu'avec un permis, puisqu'elle dépasse 4,5 kilowatts.
Mon bateau fait 6 mètres, dois-je payer la taxe annuelle ?
Pas au titre de sa longueur, puisque le seuil de 7 mètres n'est pas atteint. Mais la longueur n'est pas le seul critère : un engin dont la puissance administrative atteint 22 chevaux administratifs est taxable « même pour les navires dont la longueur est inférieure à 7 mètres ». Regarde donc ta puissance administrative avant de conclure, et passe par le simulateur officiel : lui seul tient compte de l'ensemble des paramètres.
Mon voilier de 6 mètres n'a aucun numéro peint sur la coque, est-ce normal ?
Oui, et c'est écrit noir sur blanc : « Jusqu'à 7 mètres, les voiliers ne sont pas astreints au port de marques d'identification externes. » Cela ne dispense pas de la marque interne, qui reste due : le numéro d'immatriculation doit rester visible à l'intérieur, dans le cockpit ou depuis le poste de pilotage principal, sur un centimètre de haut au minimum.
Je navigue en mer et sur un canal, dois-je faire deux immatriculations ?
Non. Le portail du ministère chargé de la mer le formule ainsi : « Pour une navigation à la fois en mer et en eaux intérieures, le navire doit être enregistré en mer. » Un seul dossier, le maritime. En revanche, les règles de navigation fluviale, elles, continuent de s'appliquer dès que tu quittes la mer : l'enregistrement unique ne fusionne pas les réglementations.

À retenir

Ta zone de navigation décide de tout. En mer, l'obligation commence à 2,50 mètres de longueur de coque pour ce qui est motorisé ou propulsé à la voile, et à 3,50 mètres pour ce qui est propulsé à l'énergie humaine, la distance à l'abri ne venant qu'ensuite. En eaux intérieures, elle commence à plus de 5 mètres ou à 4,5 kW de puissance propulsive, deux conditions alternatives. Si tu fais les deux, c'est l'enregistrement en mer, et lui seul.

Le numéro de coque et le numéro d'immatriculation sont deux choses différentes. Le premier est écrit par le constructeur et ne bouge jamais : code pays, code fabricant, numéro de série, mois et année de fabrication, année modèle. Le second t'est attribué par l'administration, commence par les deux lettres de ton port, et c'est celui-là que tu fais poser.

Les dimensions du marquage sont des minimums, et ils dépendent de ta longueur de coque : 4 cm jusqu'à 7 mètres, 7 cm jusqu'à 12 mètres, 12 cm au-delà pour un navire à moteur. Un voilier de moins de 7 mètres est dispensé de marques externes, mais jamais de sa marque interne d'un centimètre. Une annexe, elle, porte DEUX marques : à l'intérieur, AXE plus le numéro de son porteur sur un centimètre (article 4.2) ; à l'extérieur, AXE plus les mêmes marques externes que son porteur, sur quatre centimètres de haut, un centimètre et demi de large et un demi-centimètre de trait (article 10). Ne commande pas le lettrage de ton annexe sans la seconde.

Au-delà du minimum, les proportions se recalculent : moitié de la hauteur en largeur, un dixième au moins en épaisseur. Un lettrage haut et fin n'est pas conforme.

La démarche et la taxe ne se confondent pas. Les démarches se font en ligne via FranceConnect, et le guichet de la délégation à la mer et au littoral reste ouvert. La taxe annuelle, elle, ne frappe qu'à partir de 7 mètres ou 22 chevaux administratifs, 90 kW pour un véhicule nautique à moteur, et elle n'est pas acquittée en dessous de 76 euros. Le texte pose une seule exception de longueur, pour l'engin non ponté principalement propulsé à l'aviron dont le gréement et la mâture se montent et se démontent sans aide extérieure.

Ne recopie aucune liste de pièces générique, la nôtre comprise : télécharge la fiche de procédure de ton cas auprès de ta DDTM, selon que le bateau est neuf, d'occasion, construit avant ou après juin 1998, ou construit par un amateur.

Enfin, ne confonds pas ce dossier avec celui du conducteur : le titre de conduite obéit à un tout autre seuil, exprimé en puissance motrice, et le choix entre les quatre titres se fait indépendamment de l'enregistrement du navire.

Nous ne sommes ni un bateau-école ni une administration : ce site t'entraîne au QCM, il ne délivre ni formation agréée, ni titre, ni certificat d'enregistrement.

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